Cegid Connect : comment les agents IA transforment l’ERP et réduisent drastiquement les coûts de développement.

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Le 8 octobre dernier au Palais Brongniart à Paris, Cegid réunissait ses clients et partenaires autour de son nouveau directeur général Christian Pedersen et de grands témoins comme Laurent Solly (AMI Labs), le député Philippe Latombe et Servane Augier (NumSpot). Au cœur des échanges : l’IA et la souveraineté numérique. À cette occasion, Mohamed Zaghou, Vice President Market Strategy chez Cegid, a dévoilé une vision très concrète de l’ERP de demain, où l’intelligence artificielle ne se contente plus d’assister, mais devient le moteur d’une véritable révolution des usages métiers.

En finir avec la lourdeur des développements spécifiques

Depuis des décennies, les progiciels de gestion paient le prix fort de leurs adaptations successives. À force d’accumuler des paramétrages complexes et du code sur-mesure pour répondre au moindre besoin spécifique, le cœur de l’ERP devient lourd, les mises à jour se compliquent et l’interopérabilité s’apparente à un casse-tête.

Pour sortir de cette impasse, Cegid fait le pari de déporter la personnalisation en dehors du logiciel. Grâce aux API et aux modèles de langage, il devient possible de créer des fonctionnalités sur-mesure sans toucher à la structure standard de l’outil. Avec AI Studio, un environnement directement intégré à son ERP Cloud XRP Flex, l’éditeur entend permettre d’ici fin 2027 à chaque direction métier de créer et personnaliser ses propres agents IA.

Du prompt à l’action : ce qui change très concrètement sur le terrain

Cette évolution marque le passage d’un ERP rigide à un outil vivant, piloté par la commande vocale ou textuelle. Au quotidien, cette autonomie offerte aux métiers bouleverse les méthodes de travail à tous les étages de l’entreprise :

  • Dans la gestion commerciale et l’e-commerce : Au lieu de saisir manuellement des centaines de fiches produits ou de demander un développement technique pour lier un catalogue au site Web, un responsable marketing peut désormais demander à son agent IA d’analyser les fiches techniques PDF fournies par un fournisseur, d’en extraire les caractéristiques, de rédiger des descriptifs commerciaux attrayants et de mettre à jour la base d’inventaire automatiquement.
  • Dans les Ressources Humaines : En connectant l’ERP à des bases de données structurées dans un Data Lake sécurisé (un chantier mené par Cegid avec Databricks), les équipes RH affranchissent leurs collaborateurs des tâches fastidieuses. Un gestionnaire des talents peut ordonner à son agent de comparer les fiches de poste internes avec les évolutions du marché pour mettre à jour automatiquement les référentiels de compétences et préparer des parcours de formation ciblés.
  • Dans les Achats et la Logistique : L’agent IA ne se contente plus d’afficher des stocks, il anticipe. En croisant les historiques de vente, la saisonnalité et les délais de livraison, il repère les risques de rupture et pré-remplit les bons de commande auprès des fournisseurs habituels, ne demandant au responsable logistique qu’une simple validation d’envoi.
  • Dans la Comptabilité et la Finance : Face aux écarts de facturation ou aux litiges fournisseurs, l’agent identifie lui-même les incohérences dès la réception des pièces, rédige le courriel de réclamation approprié avec les références exactes et le soumet au comptable avant expédition.

Un impact financier majeur : la fin de la « taxe sur-mesure »

Au-delà de la simplicité d’utilisation, cette approche modifie profondément l’équation économique des projets informatiques. Historiquement, le coût total de possession (TCO) d’un ERP était tiré vers le haut par les développements spécifiques :

  • Une réduction drastique du budget de déploiement (Build) : Concevoir une fonction sur-mesure ou créer des connecteurs complexes représentait traditionnellement des dizaines de jours-hommes de prestations de développement. En déléguant ces ajustements à des agents IA pilotés par API, les entreprises économisent des dizaines de milliers d’euros dès la phase initiale.
  • L’élimination des coûts cachés de maintenance (TMA) : Jusqu’ici, chaque modification spécifique dans le code demandait une Tierce Maintenance Applicative (TMA) récurrente — souvent évaluée entre 15 % et 25 % du budget initial par an — pour garantir que le sur-mesure ne « casse » pas lors des mises à jour majeures. Avec la personnalisation par agents IA hors du cœur de l’ERP, les mises à jour Cloud s’effectuent sans aucun surcoût de réécriture du code.
  • Un temps de retour sur investissement (ROI) accéléré : L’émergence d’un besoin métier ne nécessite plus de rédiger un cahier des charges, de lancer un appel d’offres et d’attendre 6 mois de recette informatique. La co-création via des prompts ramenant le délai d’expérimentation à quelques jours, la rentabilité des nouveaux processus est quasi immédiate.