Digital Product Passport (DPP) 2030 : Le nouveau défi colossal des ERP

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L’industrie et le négoce s’apprêtent à vivre une révolution aussi profonde que l’arrivée de la facture électronique. D’ici 2030, le Passeport Numérique des Produits (DPP) deviendra la norme européenne. Pour les entreprises qui importent et distribuent (matériel de jardinage, bricolage, textile), l’enjeu n’est plus seulement logistique : il devient technologique et réglementaire.

1. Qu’est-ce que le Digital Product Passport ?

Initié par le règlement européen ESPR, le DPP est une « carte d’identité » numérique liée à chaque produit via un support de données (QR Code, puce RFID). Il centralise toutes les informations sur la durabilité, la composition et la réparabilité.

2. Le séisme technologique : La fin de l’ERP « Silo »

C’est le point de rupture le plus critique. Historiquement, un ERP fonctionnait comme un silo : une boîte noire où les données entraient pour servir la gestion interne (comptabilité, stocks, RH).

Le DPP sonne le glas de ce modèle. Pourquoi ? Parce que le passeport numérique impose que l’ERP devienne un système ouvert et communicant en temps réel avec l’extérieur.

Pourquoi l’ERP « Silo » deviendra un frein majeur :

  • L’exigence d’interopérabilité : Demain, l’ERP devra « pousser » des données techniques vers les douanes pour libérer un container, et « offrir » des schémas de démontage aux centres de recyclage. Un logiciel fermé obligera à des ressaisies manuelles colossales et génératrices d’erreurs.
  • La donnée comme preuve douanière : Pour un importateur (Chine, Asie), le DPP est la preuve de conformité. Si l’ERP ne sait pas générer et transmettre ce certificat via une API au moment de l’achat, le produit ne passera pas la frontière européenne.
  • La transparence « étagère » : Imaginez un client en GSB (Grande Surface de Bricolage) scannant un produit AJS. L’information qu’il reçoit sur son smartphone proviendra directement de votre base de données. Si votre ERP ne sait pas exposer cette donnée proprement, vous perdrez en référencement face à des concurrents « DPP-Ready ».

3. Exemples concrets de la mutation

  • Négoce & Grand Import : Au lieu de simplement stocker une référence « Tondeuse X », l’ERP doit désormais piloter le cycle de vie : de l’extraction des matériaux chez le fournisseur chinois jusqu’au taux de recyclabilité de la batterie en fin de vie.
  • Gestion de la donnée : On passe d’une dizaine de champs par article à des centaines d’attributs (substances chimiques, pièces détachées disponibles, empreinte carbone). Seuls les ERP dotés d’une base de données flexible et moderne pourront absorber cette charge.

4. Les 3 piliers de votre futur choix d’ERP

Pour ne pas vous retrouver dans une impasse en 2030, votre futur outil doit impérativement valider ces trois points :

  1. Architecture API-First : La capacité native à se connecter aux hubs de données de l’UE sans développement spécifique coûteux.
  2. Lien natif avec le PIM : Pour que l’information commerciale et l’information réglementaire (DPP) soient parfaitement synchronisées.
  3. Traçabilité unitaire (RFID/Sérielle) : La capacité à suivre non plus des lots, mais chaque unité de produit individuellement.

Conclusion : Le DPP 2030 n’est pas une simple contrainte administrative, c’est une mutation profonde du commerce international. Anticiper cette échéance lors du choix de son futur ERP n’est plus une option, c’est une stratégie de survie.


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